C’était en pleine journée, et une policière marchait tranquillement sur le trottoir.
Un tatouage particulier était visible sur sa main.
Soudain, une petite fille s’approcha d’elle et dit :
— Madame l’agent, ma maman avait exactement le même tatouage sur la main.
La policière se figea de stupeur.
Elle regarda l’enfant et demanda d’une voix tremblante :
— Comment t’appelles-tu ?
La petite fille répondit :
— Marie.
Les yeux de la policière s’agrandirent.
— Marie ?! s’écria-t-elle, incapable d’y croire.
Les passants à proximité s’arrêtèrent immédiatement et se retournèrent.
La fillette hocha la tête, confuse par cette réaction.
Et ce qui se produisit ensuite laissa tout le monde sans voix.
La policière recula d’un pas.
Comme si le monde venait soudain de basculer.
— Marie… répéta-t-elle dans un souffle.
La petite fille fronça les sourcils.
— Oui.
Sa voix était douce.
Innocente.
Mais pour la policière, ce prénom avait le poids d’un souvenir qu’elle n’avait jamais réussi à oublier.
Ses mains commencèrent à trembler.
— Quel âge as-tu ?
— Huit ans.
Le cœur de la policière s’emballa.
Huit ans.
Exactement.
Autour d’elles, plusieurs passants ralentissaient désormais pour observer la scène.
— Où est ta maman ? demanda-t-elle.
Le visage de la fillette s’assombrit.
— Je ne sais pas.
— Comment ça ?
Marie baissa les yeux.
— Elle a disparu il y a quelques jours.
Un frisson parcourut l’échine de la policière.
— Et ton papa ?
La fillette secoua la tête.
— Je ne l’ai jamais connu.
Le silence devint lourd.
Puis Marie tendit timidement une vieille photographie pliée.
— Maman m’a dit que si je voyais un jour quelqu’un avec ce tatouage, je devais lui montrer ça.
La policière prit la photo.
Ses doigts tremblaient.
Et lorsqu’elle la regarda…
tout son visage perdit ses couleurs.
Parce que sur l’image apparaissaient deux jeunes femmes souriantes.
L’une était la mère de Marie.
L’autre…
était elle-même.
Vingt ans plus tôt.
— Non… murmura-t-elle.
Une larme glissa sur sa joue.
Marie la regardait sans comprendre.
— Vous connaissez ma maman ?
La policière leva lentement les yeux.
— Oui.
Sa voix se brisa.
— C’était ma sœur.
Un murmure parcourut les passants.
Marie resta figée.
— Ma… tante ?
La policière hocha la tête.
Incapable de parler davantage.
Puis elle retourna la photo.
Et découvrit quelque chose qu’elle n’avait jamais vu auparavant.
Quelques mots écrits au dos.
D’une écriture qu’elle reconnut immédiatement.
L’écriture de sa sœur.
Ses yeux parcoururent la phrase.
Puis elle cessa de respirer.
— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Marie.
La policière regardait toujours le message.
Pétrifiée.
Parce qu’il était écrit :
« Si tu lis ceci, c’est que quelqu’un nous a retrouvées. N’aie confiance en personne… surtout pas en l’homme qui porte la cicatrice au cou. »
À cet instant précis…
un homme s’arrêta de l’autre côté de la rue.
Et la policière remarqua quelque chose qui glaça son sang.
Une longue cicatrice traversait son cou.
Et il était en train de les observer.